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La mort de Claire Deluca

par Gilles Costaz

Une grande interprète durassienne

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Elle parlait d’une voix d’eau claire, elle s’appelait Claire. Claire Deluca, née le 5 juin 1933, est morte le 7 avril, des suites d’une opération à la hanche. C’était une grande actrice dont la carrière s’inscrit profondément dans l’histoire du théâtre de Marguerite Duras. A ses débuts, après une formation à l’école Charles Dullin et auprès de Tania Balchova, elle fait partie des acteurs que réunit Raymond Rouleau. Quand elle rencontre Marguerite Duras, en 1965, elle bascule dans une autre forme de répertoire et de jeu. Elle crée Les Eaux et Forêts et La Musica, ce qui lui vaut en 1966 le Prix d’interprétation féminine au Festival du théâtre latin, à Barcelone. Cette même année 1986, Duras écrit pour elle Le Shaga et Yes, peut-être, qu’elle crée aussitôt, dans des mises en scène de l’auteur qu’elle reprendra souvent.
Après la mort de Duras, en 1996, elle reviendra à ses textes avec une adaptation, faite avec Rachel Salik, de La Vie matérielle et deux spectacles qu’elle élabore et joue avec Jean-Marie Lehec, une nouvelle version du Shaga (2011) et Duras, la vie qui va (2014). Elle est l’un des témoins des aventures durassiennes et en rend compte dans des colloques, des revues, des émissions sur France Culture et en participant aux activités de l’association Marguerite Duras. Elle avait conservé des notes et des enregistrements pris lors des répétitions avec Duras et pouvait ainsi apporter tout un matériau inconnu, saisi dans l’éphémère du travail et glissé dans les interstices u texte publié.
Elle s’exprima dans beaucoup d’autres répertoires, en passant de Giraudoux à Guitry, de Billetdoux à Claudel, de Sartre à Varoujean et Jean-Claude Lamy. Au cinéma on retiendra surtout son rôle dans Le Pull-over rouge de Michel Drach. Mais elle parlait essentiellement de Duras, dans un plaisir gourmand.
Personnalité amicale, généreuse, souriante, méticuleuse et pointilleuse, elle incarna les diverses composantes de l’oeuvre de Duras, en privilégiant sans doute les aspects quotidiens, burlesques et cocasses. Dans les derniers spectacles qu’elle jouait, à l’Athénée, au Poche et à la Reine blanche, avec Jean-Marie Lehec, elle dégageait souvent une drôlerie méconnue chez cette auteure mais essentielle et oubliée par les autres interprètes.

Photo : Marguerite Duras et Claire Deluca. DR

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