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Une lumière dans la nuit de George Banu

par Gilles Costaz

Eloge du lustre

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Il fallait y penser : voir le théâtre à travers le prisme du lustre ! Georges Banu, grand essayiste obstinément tourné vers l’art dramatique, a une passion pour cet éclairage dont la cascade en cercle de perles, cristaux, bougies ou lampes forme un stalactite lumineux dévalant sur nos têtes ! L’écrivain aime le lustre dans la vie privée et il l’aime dans l’univers du spectacle. Il évoque l’utilisation de ce luminaire et son rôle dans un nouveau livre, Une lumière au cœur de la nuit. Etrangement, il ne fait pas allusion à la possibilité de chute de ces somptueux quinquets - une angoisse que chacun peut éprouver et l’un des thèmes préférés du roman et du film catastrophe depuis Le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux. D’ailleurs, ces accidents ne sont pas toujours imaginaires. Banu situe sa réflexion dans un monde où la technique est parfaite…
« Seul le lustre, et aucun autre éclairage, figure ce passage poétique de l’extérieur converti en intérieur, écrit-il. La beauté de ce dispositif provient de l’incertitude propre à un espace se confondent sans s’anéantir l’un l’autre. » Parmi les grands spectacles utilisant un ou plusieurs lustres dans leur scénographie, Banu relève et analyse notamment Ivanov de Tchekhov mis en scène par Otomar Krejca, La Mouette dans la vision de Lucien Pintilié, Mesure pour mesure de Shakespeare monté par Thomas Ostermeier, Tartuffe de Molière mis en scène par David Doiashvili, Le Songe d’une nuit d’été visualisé par Silviu Purcarete, Les Noces de Figaro de Mozart montées par Giorgio Strehler … Tantôt, le lustre est l’allié des gens de spectacle, tantôt l’ennemi. Wagner le détestait et beaucoup de nos artistes modernes l’apprécient peu : « Le lustre honoré, le lustre accusé, deux extrémités. Ecartèlement de la modernité ! », ajoute Banu pour qui ce styke d’écairage « ne trouverait pas sa place sur la scène de Victor Hugo ou Paul Claudel ».
L’ouvrage de George Banu conte brièvement une aventure artistique. En réalité, le propos est personnel et proustien (Proust est d’ailleurs cité). Le lustre est une émotion magique ressentie dans l’enfance (en Roumanie) et toujours recherchée depuis. Ce qui est la meilleure des façons pour écrire dans l’enchantement.

Une lumière au cœur de la nuit, Le Lustre, de l’intime à la scène de Georges Banu. Editions Arléa, 128 pages, 17 euros.

Photo DR.

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