Accueil > Thé à la menthe ou t’es citron ?

Critiques / Comédie & Humour

Thé à la menthe ou t’es citron ?

par Marie-Laure Atinault

La reprise tant attendue de la première pièce de Patrick Haudecœur. Le fou rire porté à son paroxysme !!!!

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Patrick Haudecœur pose une question cruciale « Thé à la menthe ou t’es citron ? ».
Cette réplique historique, à mettre au rang des « A moi Comte deux mots » ou « To be or not to be » est au centre d’une pièce de boulevard en répétition. La metteuse en scène suissesse (Isabelle Spade) a fort à faire avec sa troupe. Le mélange des comédiens professionnels et des amateurs est loin d’être homogène ! Courageuse et optimiste, elle galvanise ses troupes. Le jeune premier (Patrick Haudecœur himself) qui doit tout à sa parentèle, est un maladroit pathologique, un cas d’école. Mille fois sur le métier des répétitions, il ratera son entrée ou ébouillantera sa partenaire, qui le prend très mal ! Mais on ne peut pas renvoyer le fils du producteur ! La pièce qu’il tente de répéter est une pièce de boulevard classique avec amant dans l’armoire, quiproquos, portes qui claquent. Notre jeune premier fait ses premières armes, à moins qu’il soit à lui seul une arme de destruction massive ou de guerre psychologique. Il rate toutes ses entrées, ne sait pas son texte. Certes il est gentil mais ce mélange de Buster Keaton, d’Harold Lloyd, avec la naïveté de Bourvil et la poésie de Robert Dhéry est une calamité, un cauchemar pour sa partenaire au bord de l’explosion ou du meurtre selon les heures. Le technicien goguenard en a connu d’autres, il est d’une placidité à toutes épreuves, la costumière vit dans une autre galaxie, et le grand premier rôle masculin est un cabot intersidéral qui se prend pour le père spirituel de Philippe Noiret et de Denis Podalydés.
Le rideau se baisse, murmures dans la salle et grâce à l’espace temps théâtral, nous sommes propulsé le soir de la première. Les sentiments qui assaillent la metteuse en scène doivent être proches de ceux du capitaine du Titanic !
La pièce de Patrick Haudecœur utilise tous les ressorts classiques du genre, quiproquos, gags, décalages pour atteindre une catastrophe annoncée, nous emmenant sur le plus haut barreau de l’échelle de Richter du rire ! L’auteur interprète le jeune premier cataclysmique, le temps n’a aucune prise sur lui, Patrick Haudecœur est-il le fils du créateur du rôle ? D’une souplesse diabolique, il est craquant dans ses maladresses. Isabelle Spade nous offre une metteuse en scène un accent suisse délicieux. Sa patience, son optimisme est une leçon pour le métier. Nathalie Cerda est une comédienne « inoxydable », son autorité est mise à rude épreuve, mais qui est son modèle au théâtre subventionné ? Le talent de Jean-Luc Porraz, « The Voice » n’est plus à prouver, il interprète un cabot que l’on finit par plaindre !

Le public du Théâtre Fontaine est divisé en deux : il y a ceux qui n’ont jamais vu la pièce, ils sont sans méfiance, et il y a ceux qui sont mordu, qui reviennent voir le spectacle, une véritable addiction. Ils utilisent pour revenir de fallacieux prétextes. Thé à la menthe ou t’es citron ? est devenu un mot de ralliement pour ce spectacle qui est l’un des plus dangereusement drôles.

Thé à la menthe ou t’es citron ?
De Danielle Navarro- Haudecœur et de Patrick Haudecœur, mise en scène de Patrick Haudecœur, avec Nathalie Cerda, Jean-Luc Porraz, Isabelle Spade, Patrick Haudecœur, Jean-Pierre Lazzerini ou Bob Martet, Edouard Pretet, Sandra Biadalla. Théâtre Fontaine - Tel : 01 48 74 74 40 - Du 6 aout 2010 au 2 janvier 2011.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

1 Message

  • Thé à la menthe ou t’es citron ? 27 février 2011 19:49, par SERVIAN

    Pièce hilarante, vue à l"opéra de VICHY le 27/02/2011, dans la lignée de "Le père Noël est une ordure" et très supérieure à la dernière production ratée de Josiane BALASKO au théâtre de la Renaissance.

    J.C.SERVIAN 03500 ST POURCAIN SUR SIOULE

    repondre message

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.