Accueil > Ore de Gabriel Calderon

Critiques / Théâtre

Ore de Gabriel Calderon

par Corinne Denailles

Une fable sud-américaine philosophico-fantastique

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Adel Hakim a invité le jeune Uruguayen Gabriel Calderon pour un mois à Ivry. Auteur prolifique, Calderon emprunte des chemins de traverse originaux dans un style et un langage décomplexés au service d’un théâtre politique qui ne mâche pas ses mots, quels que soient les registres auxquels il a recours et qu’il n’hésite pas à conjuguer.

Au-delà de la dénonciation de nos sociétés pétries de mensonges, Calderon entend secouer l’esprit critique du spectateur anesthésié par la pâte médiatique qui confond Histoire et fait divers et cultive le spectaculaire au détriment de la réflexion. Il est question de dictature militaire et d’enlèvement, mais aussi de conflits familiaux, de la violence qui s’insinue dans tous les plis de nos vies. Le réalisme des scènes du début laisse place à des séquences fantastiques avec intervention magique qui lui permet de poser une hypothèse grandeur nature sur la question de l’identité mais aussi de notre peur de l’autre, de l’étranger. Tout en gardant leur enveloppe corporelle, les personnages changent de personnalité, sans égard pour le sexe d’origine ; les cartes sont battues et chacun fait l’expérience de la peau des autres.


On découvre un théâtre typiquement sud-américain qui répond à des codes particuliers, qu’on retrouve en littérature, qu’on a pu entrevoir avec Copi. Un sens de la fable philosophico-fantastique, une liberté de ton, une insolence provocante, une grande énergie dans l’écriture et sur le plateau, un recours à vue au fantastique, une remise en question ludique des conventions, un sens du grotesque et du tragique. Calderon n’évite pas toujours les embûches liées à cette conception du théâtre explosive et aventureuse ; On perd parfois le fil d’un spectacle parfois un peu brouillon et survitaminé mais formidablement revigorant et emmené par une belle équipe d’acteurs.

Ore, peut-être la vie est-elle ridicule (série des pièces fantastiques, volume II) de Gabriel Calderon, traduction Maryse Aubert. Mise en scène Adel Hakim, en collaboration avec Gabriel Calderon. Scénographie et lumière Yves Collet. Costumes, Dominique Rocher ; images de scènes, Nabil Boutros, Matthieu Mullot ; son, Raphaël Dupeyrot ; avec Véronique Ataly, Anthony Audoux, Philippe Cherdel, Eddie Chignara, Bénédicte Choisnet, Etienne Coquereau, Matthieu Dessertine, Louise Lemoine Torrès, Ana Karina Lombardi, Lara Suyeux. Au théâtre des quartiers d’Ivry (studio Casanova) jusqu’au 14 avril 2013. En alternance avec Ouz, du mardi au samedi à 20h. Le samedi à 18h et 20h, le dimanche à 16h et 18h. Rés. 01 43 90 11 11.
www.theatre-quartier-ivry.com

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.