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Critiques / Musical

Oh la belle vie par les cinq de coeur

par Corinne Denailles

Cinq as

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Ces cinq-là feraient danser, chanter et rire un bataillon militaire. Sopranos (Pascale Costes et Karine Sérafin), alto (Sandrine Montcoudiol), ténor (Patrick Laviosa) et basse (Fabian Ballarin), tous dotés d’une solide formation classique, allient leurs talents de chanteurs et de comédiens dans ce nouveau spectacle, Oh la belle vie (emprunt à Sacha Distel), créé à Avignon en 2018 dans une mise en scène de Philippe Lelièvre. Le chant a cappella est une spécialité de ce groupe vocal virtuose et burlesque qui se réclame des Frères Jacques, réinventés dans un tourbillon musical, truffé de gags. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça pulse. Le répertoire hétéroclite emprunte autant à la musique classique qu’à la chanson française, au rap en passant par Aretha Franklin, Otis Redding, ou X-files, ou encore des parodies hilarantes des polyphonies corses ou de l’Été indien, entre autres, sans parler des introuvables tels que La jolie petite libellule de Sim ou Pourquoi m’as-tu mordu l’oreille de Jean Yanne ; de temps en temps revient leur ritournelle faite maison sur le plaisir de faire un show et ses difficultés, comme reviennent les gimmicks absurdes (« j’ai compris », au temps pour moi », « ah, ben d’accord ! », « pas gêné ») qui caractérisent chacun d’entre eux, glissés ça et là, comme l’objet d’un pari idiot.
Jouant sur le fil, leurs blagues potaches irrésistibles ne franchissent jamais la ligne rouge de l’excès, jeu de mots sans frontières (« aquarelle de Marie Laure enceinte ») et accessoires en folie (pomme d’arrosage en guise de micro, brosse à dents géante, perceuse revolver pour crime passionnel). Ils maîtrisent l’art du détournement et de la complicité avec le public, ils surlignent sans caricature ni vulgarité.
Des blocs métalliques font office de vestiaires, de lits ou de bar ; leur destination change en un clin d’œil, comme les artistes, en mouvement permanent, changent de tenue en une seconde ; à peine le temps d’en prendre conscience qu’ils ont troqué le costume ou la robe pour le maillot de bain ou la robe tango, tout en couleurs vives.
Mais le plus sidérant reste leur talent musical, chant à plusieurs voix, percussions et bruitages vocaux, solos impressionnants. Ce sont cinq virtuoses qui, quand ils ne participent pas chacun de leur côté à des spectacles très sérieux, concerts classiques ou théâtre, se réunissent pour faire de la scène un espace de jeu et de fête, une parenthèse enchantée.

Oh la belle vie, par les Cinq de cœur, mise en scène Philippe Lelièvre. Avec Pascales Costes, Karine Sérafin, Sandrine Montcoudiol, Patrick Laviosa, Fabian Ballarin.
Chorégraphie, Frédéric Jean-Baptiste

A Paris, au théâtre Les enfants du paradis.
Le 22 janvier à Bourg la reine

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