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Critiques / Théâtre

Marguerite Brunet, dite La Montansier, adaptation de Anne Kellen

par Marie-Laure Atinault

Ah ça ira, ça ira, tous à Versailles !

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Pour les habitants de la banlieue ouest, la Montansier évoque le charmant théâtre versaillais qui s’élève à l’ombre du château. Mais d’où vient ce nom ? Marguerite Brunet naquit en 1730 à Bayonne.

Fille de forgeron, elle forgea son destin

Marguerite est d’un milieu modeste. Très tôt, elle est sûre de l’attrait qu’elle exerce sur les hommes. Mais elle veut être autre chose qu’une petite courtisane. La taille bien prise, intelligente, ambitieuse, elle sait mettre ses atouts en valeur. Cette grande amoureuse est une femme libre. Elle sait être là où le pouvoir passe. Elle approchera dans sa longue vie (elle s’éteindra à 90 ans en 1820) Louis XV, la Du Barry, Marie-Antoinette, Danton, Barras, Napoléon et Louis XVIII. Elle traversera une époque bien dangereuse – la Révolution – où la vie ne valait pas grand-chose.
Quel charme extraordinaire devait avoir Mademoiselle Montansier pour traverser l’histoire avec un aplomb formidable.

Elle dirigea les spectacles à la suite de la cour de Louis XV puis Louis XVI. Elle obtiendra le monopole des représentations théâtrales dans un rayon géographique allant de la Bretagne à la Touraine. Entreprenante, femme d’affaire, dénicheuse de talents, elle fit construire, non seulement le théâtre tout bleu de Versailles mais le théâtre des Variétés et du Palais Royal.

Une jolie tête pour la guillotine

Le 10 Frimaire de l’An II, un tribunal révolutionnaire accuse la citoyenne Marguerite Brunet Montansier d’avoir fait construire son théâtre avec l’argent des anglais et de la veuve Capet, avec qui elle pactisa.

La pièce commence par ce procès. Les spectateurs sont mis dans l’ambiance révolutionnaire puisque nous assistons au procès. Nous sommes interpellés par quelques « tricoteuses » ou par des citoyennes et des sans-culottes qui sont venus assister au procès ou à la mise à mort ?

Le parti-pris du juge, les huées de la populace n’entament pas la superbe de la Montansier. Elle répond vaillante et fièrement à toutes les attaques.

Quelle merveilleuse idée a eu Jean-Daniel Laval de mettre en scène la belle adaptation d’Anne Kellen du très savant livre de Patricia Bouchenot-Dettin.
Quel courage aussi, puisqu’à l’heure où certains théâtres subventionnés font dans le minimalisme, Jean-Daniel Laval nous offre une fresque historique palpitante avec 22 comédiens, des costumes, des décors, des musiciens.
Cet homme est fou, oui fou de théâtre.

Le spectacle est instructif, rebondissant. Le public complice participe aux échanges pleins de saveur entre l’accusateur (Denis Llorca, noir au possible) et de son greffier (Thierry Lavat, épatant). Face à la populace en délire, la Montansier, fière, altière fait face à toutes les accusations, elle est campée avec une autorité aristocratique par Rafaële Minnaert, Reine du Tout Paris, du Royaume, de la République et de l’Empire.
Ah ça ira, ça ira, tous à Versailles !

« Marguerite Brunet, dite La Montansier » adaptation théâtrale libre de Anne Kellen, d’après l’oeuvre de Patricia Bouchenot-Dechin, mise en scène par Jean-Daniel Laval avec 22 comédiens et 5 musiciens.

Théâtre Montansier – 78000 Versailles

www.theatremontansier.com

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