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Critiques / Théâtre

Lorsque Françoise paraît d’Eric Bu

par Gilles Costaz

Dolto, la psy qui libéra l’enfance

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« Lorsque l’enfant paraît », disait Hugo. « Lorsque Françoise paraît », dit Eric Bu. C’est la même chose, et c’est la même cause ! Quand Françoise arrive – Françoise Dolto, en l’occurrence -, l’enfant renaît. Avant elle, la psychologie et la psychanalyse considéraient l’activité cérébrale des petits comme peu développée et sans grande importance. Françoise Dolto, dès qu’elle exerce son métier, affirme qu’elle pense exactement le contraire. L’enfant saisit tout et sa compréhension de ce que sa jeune vie lui réserve conditionne la suite de son existence. Eric Bu, dont on connaît le talent à transformer les biographies en spectacles de théâtre (Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? , écrit avec Elodie Menant) traite cette fois d’une figure difficile à faire pirouetter dans un carrousel d’actions : cette psychanalyste qui, dès les années 50, bouscule le monde de la connaissance et de la prise en charge du nourrisson, du petit et de l’adolescent, cette femme qui libère une partie de l’humanité qui restait entravée et incomprise. Peut-être parce qu’elle a eu un fils, Carlos, devenu un chanteur d’une grande drôlerie, Eric Bu ne compose pas un ouvrage pesant et dogmatique mais une fresque fantaisiste où tout est vrai mais où tout a des couleurs, du rythme et de l’ironie douce. Même le poste à galène, à travers lequel la jeune Françoise écoute les nouvelles du monde, parle. La scène est dans un bondissement permanent où les personnages et les objets se renouvellent au rythme d’une joyeuse marche du temps.
Sophie Forte incarne Françoise Dolto. On ne pouvait sans doute trouver meilleure interprète. Sophie Forte peut passer de l’âge enfantin à l’âge adulte sans effort. Elle est donc une Dolto portée par l’amour de enfants qu’elle soigne et qu’elle aime, à la fois idéalisée et totalement réelle. Ses deux partenaires doivent changer de rôle sans avoir le droit de souffler. Stéphane Gileta et Christine Gagnepain sautent d’une présence à l’autre, d’une humeur à l’autre, comme on joue à la marelle, mais avec une subtilité et une élasticité que l’on n’a pas dans les jeux de cour d’école. Il y a quand même un merveilleux air de chahut dans ce juste tableau historique, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Lorsque Françoise paraît
Une pièce écrite et mise en scène par Eric Bu
Scénographie : Aurélien Maillé
 Lumières : Cécile Trelluyer 
Costumes : Julia Allègre Création sonore : Pierre-Antoine Durand

Assistante à la mise en scène : Sophie Bouteiller

Chorégraphie : Florentine Houdinière
Avec Sophie Forte, Christine Gagnepain et Stéphane Giletta.
Texte à L’Avant-Scène Théâtre.

Théâtre Lepic (ex-Ciné 13 Théâtre), tél. :
- Les jeudi et vendredi à 18h45
- Le samedi à 15h et 17h
- Le dimanche à 16h.
(Durée : 1 h 30).

Photo Frédérique Toulet.

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