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Le décès de Zizi Jeanmaire

par Yves Bourgade

L’étoile du "truc en plumes"

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L’Opéra de Paris a communiqué le 17 juillet 2020 le décès à 96 ans de Zizi Jeanmaire qui avait fait ses classes dès l’âge de 9 ans au Palais Garnier et avait donné son dernier spectacle à l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille en novembre 2OOO.
La carrière de cette artiste, ballerine doublée d’une star de music-hall, est atypique et déborde le seul cadre de l’Opéra de Paris et de la danse académique.
Un texte de Boris Vian résume justement Zizi Jeanmaire physiquement et artistiquement : « Elle a des jambes plus longues que son corps. Elle a des yeux à vider un couvent de trappistes en cinq minutes. Elle a une voix comme on n’en fait qu’à Paris. Cette sirène canaille est aussi une danseuse divine. Une vraie force de la nature ». Pour Louis Aragon : « Sans elle, Paris ne serait plus Paris ».
Son nom ne peut être dissocié de celui dont elle fut à la fois la muse et l’épouse, le chorégraphe Roland Petit, mort en 2011. Le tandem (ils se marient en 1954) quitta à peu près à la même époque, après la deuxième guerre mondiale, l’Opéra de Paris, pour vivre une nouvelle aventure artistique, elle d’abord comme danseuse, lui surtout comme chorégraphe dès 1943.
René Jeanmaire devint pour toujours Zizi Jeanmaire en 1949 avec le succès remporté à Londres par le ballet de Roland Petit « Carmen » qui leur ouvrit les portes d’Hollywood et dès les années 50 vit Zizi débuter dans la chanson avec « La croqueuse de diamant ». Dans ce dernier spectacle, elle danse et chante, ce qui contribue à faire d’elle un certain symbole de la Parisienne dans le monde entier. Elle y arbore une coupe de cheveux à la garçonne qu’elle ne quittera plus. La musique vive colorée est de Jean-Michel Damase, d’après des textes de Raymond Queneau. 
Jusqu’en 1990, elle se produisit dans la chanson, la comédie musicale, au cinéma au théâtre et à la télévision. Elle partagea avec son mari sa passion pour le music-hall où elle s’affirme comme meneuse de revue de génie (la plus fameuse étant en 1961 avec « Mon truc en plumes » à l’Alhambra à Paris dans des costumes d’Yves Saint-Laurent). Cette réalisation contribua certainement à faire bouger les lignes entre danse classique et music hall.
Zizi fut de Roland Petit la muse, l’inspiratrice permanente et son soutien à ses côtés pendant plus d’un demi siècle bien qu’elle ne créa que peu de ses ballets.

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