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La mécanique du hasard d’après Louis Sachar

par Corinne Denailles

Un conte initiatique

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Envoyé dans un camp de redressement dans le désert texan pour y creuser des trous, l’adolescent Stanley Yelnats se sent accablé par le poids d’une malédiction reçue il y a plusieurs générations, depuis qu’un arrière-arrière-grand-père fripon a volé un cochon à une Tsigane unijambiste qui l’a maudit, si bien qu’il croit toujours être au mauvais endroit au mauvais moment. Ce conte initiatique, adapté du roman de Holes/Le passage de Louis Sachar par Catherine Verlaguet, raconte comment Stanley va réussir à se sortir de son trou, de l’ornière dans laquelle il est coincé pour prendre sa vie en main en creusant pour mettre au jour les fragments archéologiques de son histoire. Chemin véritablement initiatique puisque c’est ainsi qu’il pourra s’affranchir de ces entraves invisibles qui deviendront au terme du voyage juste son histoire. En somme reprendre le chemin de sa vie à l’envers, à l’image de son nom, palindrome de son prénom mais aussi miroir stérile qui le renvoie indéfiniment à lui-même.
Sur un plateau de bois blond qui évoque les volutes des cernes d’un arbre, indices du temps, avec pour accessoire incongru un vieux frigo rouillé aux multiples fonctions, sous les éclairages délicats de Sébastien Revel, Fiona Chauvin et Guillaume Fafiotte prennent en charge personnages et récits dans une relation de gémellité singulière où l’un est l’autre et réciproquement, deux acrobates du verbe dans une fusion des corps qui font danser les mots et les images. La mise en scène épurée d’Olivier Letellier fait merveille, laissant le champ libre à l’imaginaire ; cela tient du réalisme magique sud-américain peuplé de légendes, de personnages fantastiques, de lézards à taches jaunes maléfiques, de champs d’oignons et de traversée du désert salvateurs. Une manière poétique, légère et pleine d’humour de s’interroger sur la question du déterminisme, sur le poids de l’héritage familial et ce que l’on en fait ou comment appartenir à un lignage et être soi. Un spectacle lumineux porté par deux comédiens magnifiques.

La mécanique du hasard d’après le roman Holes/Le passage de Louis Sachar ; texte de Catherine Verlaguet. Mise en scène Olivier Letellier. Avec Fiona Chauvin et Guillaume Fafiotte. Lumières, Sébastien Revel. Son, antoine Prost. Scénographie Colas Reydelet. Costumes, Nadia Léon. Durée :1h. A partir de 9 ans. Résa : 04 90 89 82 63.
© Christophe Raynaud De Lage

Texte publié aux éditions Folio junior

Spectacle en tournée
voir les dates de la saison 2020-2021 sur le site www.theatreduphare.fr

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