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Critiques / Théâtre

La Femme de ma vie d’Andrew Payne

par Gilles Costaz

Robert Plagnol sur Internet

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Beaucoup d’acteurs ont trouvé une scène de substitution : Internet. Les choix techniques sont différents d’une expérience à l’autre. Robert Plagnol a opté pour le système de visioconférence Zoom. En suivant le lien donné, on rejoint ce que les professionnels appellent une réunion mais qui est, là, un spectacle donné en direct depuis un domicile. Plagnol joue ainsi, trois fois par semaine, La Femme de ma vie d’Andrew Payne. Ce monologue a déjà été créé par ce comédien, dans une mise en scène de Gilles Bannier, au cours du off d’Avignon 2019. Il prend évidemment, dans ce nouveau cadre, une forme sensiblement différente. Andrew Payne est un brillant auteur anglais dont il ne faut pas prendre les titres et les mots tout à fait à la lettre. Son texte s’appelle La Femme de ma vie mais la tonalité n’est nullement sentimentale. L’homme qui parle est un personnage de la classe moyenne qui cherche sa place et de bonnes rations de billets de banque dans une frange de la société peu scrupuleuse en matière de morale. Il obtient surtout des emplois de chauffeur auprès de personnages mystérieux au comportement mafieux. Il n’a pas peur de participer à des règlements de comptes musclés. La rencontre d’une femme change son mental d’ambitieux féroce, mais jusqu’où ?
Evidemment, sur l’écran d’Internet l’on est proche du cinéma et de la télévision. L’acteur s’inscrit dans un rectangle. Il est saisi à bout portant par une unique caméra, qui le suit quand il va d’une pièce l’autre mais, en réalité, il ne se déplace presque pas. Il tourne en rond, et en gros plan. Robert Plagnol opère une réinvention du spectacle précédent de manière très convaincante. L’on est à la fois derrière une vitre, à distance, et dans la boîte crânienne du personnage. La sinuosité du texte est interprétée avec une intensité encore supérieure à celle de la création à Avignon. Evidemment, nous ne sommes pas exactement au théâtre. Mais il y a la même immédiateté, le sentiment du présent, l’impression que quelque chose se fait devant nous, qui ne sera pas tout à fait la même un autre soir. C’est fascinant et l’on saura, plus tard, si cette deuxième étape rebondira sur une troisième étape où, dans une salle, le spectacle renaîtra enrichi par cet essai réussi.

La Femme de ma vie d’Andrew Payne, traduction et interprétation de Robert Plagnol, son et cadrages de Michel Winogradoff, lumières de Laurent Béal.

Lien pour assister aux directs sur Zoom les jeudis, vendredis et samedis à 19h (se connecter un quart d’heure avant le début du direct) :

https://us02web.zoom.us/j/5798397233?pwd=RVFQK25qdWdINVBGK1NXdmlDbFNtUT09
Durée : 1 h 15.

Photo Emmanuel Fradin.

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