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La Croisée des chemins

par Gilles Costaz

Entretien avec Mahmoud Ktari : le jeune théâtre

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La richesse théâtrale de Paris repose aussi sur les petites salles, qui accueillent, selon des conditions financières diverses, les compagnies indépendantes. La Croisée des chemins, que dirige Mahmoud Ktari, a la singularité d’avoir deux salles en deux secteurs différents de la capitale, au Nord et au Sud. La programmation n’est pas banale : Oleanna de David Mamet, Monstre-moi de Laëtitia Leroy, Anciupecio d’Ambre Reynaud, Requin chagrin de Clara Guenoun, Trois Ruptures de Rémi De Vos, Sodome, ma douce de Laurent Gaudé, L’amour est la gloire d’Aléria Lucas… Nous donnons la parole à Mahmoud Ktari.

Comment devient-on directeur de deux (petits) théâtres à Paris ?
J’ai d’abord fait des études de commerce. Parallèlement j’ai suivi des cours de théâtre amateur, puis je suis passé aux stages professionnels. Il y a eu une période où je travaillais le jour et je jouais, j’étais en scène le soir. J’ai donc voulu me consacrer à la direction d’un théâtre. J’ai trouvé un local à prendre, dans le XVe arrondissement, rue Mathurin Régnier, le Ricochet. Je l’ai rebaptisé la Croisée des chemins. J’ai tout de suite privilégié les textes sur les sujets de société. Je défends, je crois, plus le texte que la forme.
Mais vous avez deux théâtres maintenant ! Sous la même enseigne : La Croisée des chemins.
Oui, mais c’est modeste. La salle du XVe a 35 places, celle du XXe en a 50. Avec la distanciation actuelle, on arrive à une jauge ramenée aux deux tiers. J’ai racheté le lieu qu’avait animé Kazem Shahryari et qui s’appelait Art Studio Théâtre : c’est notre deuxième salle, celle de Belleville. C’est une étape de plus. La première salle fonctionne depuis trois ans. Entre-temps, à Avignon, en 2019, on avait pu louer et appeler une salle la Croisée des chemins, pour y donner un mini-festival.
Qu’est-ce qui définit votre programmation ?
C’est la jeune création. Cela va du seul en scène aux « comédies dramatiques », avec une distribution importante. Certains des artistes que nous présentons ont entre 18 et 22 ans. Et, je vous l’ai dit, on a l’amour des textes.
Vous louez vos salles ? Vous pratiquez les conditions habituelles de la plupart des petits lieux à Paris ?
On ne fait pas de location, on ne demande pas de minimum. On pratique le partage de recettes à 50-50. Les compagnies sont là pour faire un cheminement ensemble.
Le public vient-il en ce moment ?
Ce n’est pas facile, mais le public vient.
Vous avez la particularité d’être producteur, acteur et metteur en scène. Vous jouez actuellement ?
Oui, j’ai mis en scène une « quadrilogie » sur le thème de la misanthropie, de la haine de l’humanité. Nous jouons d’un soir à l’autre, à la salle de Belleville, La Conversion d’Alceste de Courteline, Le Misanthrope de Molière, Le Philinte de Molière de Fabre d’Eglantine et Célimène et le Cardinal de Jacques Rampal. Ce sont des textes adaptés pour cinq comédiens. Je fais partie des interprètes avec Aurélien Desanlis, Violette Ehrart, Benjamin Gourvez et Sylvain Martin. Ce œuvres se répondent étonnamment à travers les siècles autour d’une vision d’Alceste.

La Croisée des chemins, deux salles : salle Paris-Vaugirard 43 rue Mathurin Régnier 75015 Paris (tél. : 01 42 19 93 63, ), salle Paris-Belleville 120 bis, rue Haxo 75019 Paris (tél. : 01 42 19 93 63). www.theatrelacroiseedescemins.com

Photo DR.

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