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Festival Imago Art et Handicap

par Gilles Costaz

Rencontre avec Olivier Couder et Richard Leteurtre

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Le festival Imago Art et Handicap a lieu tous les deux ans. Né de la réunion de deux anciennes manifestations (Orphée et Viva la vida), il rayonne sur toute l’Ile-France tout au long du dernier trimestre de l’année. Il offre 120 événements, donnés dans 43 lieux des différents départements et s’appuient sur une cinquantaine de partenaires, dont, avant tout, la Région Ile de France. A sa tête deux personnalités : Richard Leteurtre et Olivier Couder. Olivier Couder vient de publier un livre, Présence du handicap dans le spectacle vivant ; il y conte remarquablement l’itinéraire d’un acteur qui ne connaît rien au monde du handicap, est invité à y intervenir et change sa vie pour se consacrer à ce théâtre-là. Duteurtre et Couder animent cette fête de spectacles pas comme les autres, où les pièces s’appellent Certains regardent les étoiles, Ouïe à la vie, Mademoiselle Laure chansons bipolaires et alors !, Contes autour de l’arbre, Trouble…

Comment définir l’édition 2020 d’Imago ?
Richard Leteurtre : Il y a d’abord un intérêt de plus en plus grand. Pa exemple, le département 77 était très réservé ; il y a maintenant un pôle Art et Handicap. La Région Ile de France nous aide depuis 2016 ; à présent, à son propos, on peut parler d’un engagement politique. Pour le programme lui-même il y a beaucoup de créations, dont un certain nombre sont en langue des signes. On y voit des formes qui se développent là comme ailleurs : des spectacles adaptés aux musées, des écritures au plateau, des pièces collectives.
C’est un théâtre, ou de la danse, ou du show, fait sur des bases professionnelles.
Olivier Couder : Ces artistes ne se reconnaissent pas sous l‘étiquette de « personnes handicapées ». Ce sont des artistes. Ce ne sont en rien des amateurs. Le travail qu’ils font en amont est considérable. Cette histoire, on peut dire qu’elle fut une résistible ascension. Il a fallu conquérir le droit d’être, pendant trente ans. Au tournant des années 2000, nous avons progressé vers une légitimité sociale, politique et esthétique. Mais on a tout entendu !
R. L. Nous nous souciions beaucoup des programmateurs pour qu’ils prennent leurs spectacles, en les achetant et non pas en les acceptant comme des compléments qui n’entreraient pas dans leurs implications financières. Les programmateurs ont beaucoup évolué. Le regard a beaucoup changé depuis que Jérôme Bel, Pippo Delbono et d’autres ont contribué à faire changer les mentalités. Des artistes qui dansent sur leur fauteuil d’handicapé, c’est autre chose que la danse habituelle, mais il faut voir ce qu’il y a là d’innovant.
Vous dirigez le festival mais vous êtes aussi des metteurs en scène. Quels spectacles faites-vous et comment ?
O. C. Je donne deux spectacles de mon Théâtre du Cristal : Cristal Pop, le bal poétique et populaire et Cabaret des frissons garantis, auxquels le public peut participer. Ces artistes abordent le plateau de façon physique, avec une extraordinaire intensité. Ils peuvent renouveler la vision des classiques et ils apportent beaucoup au metteur en scène.
R. L Je mets en scène avec Cyrille Bochew Gargantua. J’avais commencé autrefois avec Peer Gynt et j’ai toujours été frappé par le professionnalisme et la générosité de ces acteurs qui ne vous « plantent » jamais. L’humanité qui naît d’eux-mêmes est essentielle. Rabelais, comme Novarina, leur convient. C’est organique et populaire.
Que faudrait-il pour que ce théâtre-là, celui de l’art et du handicap, aille encore mieux ?
O. C. Notre stratégie dépend des théâtres avec lesquels nous travaillons. Il faudrait plus de moyens et être plus visible. Il n’y a pas de politique du handicap à l’intérieur du ministère de la Culture. Il faudrait que cela existe, qu’il y ait une volonté au niveau national, et également que nous puissions travailler avec des festivals internationaux.

Festival Imago Art et Handicap,, à travers l’Ile de France du 19 septembre au 20 décembre. Programme sur www.festivalimago.com

Colloque Le Handicap dans le processus de création artistique : enjeux politiques et esthétiques. Points communs, théâtre 95, Cergy-Pontoise, le 3 décembre.

Le livre d’Olivier Couder : Présence du handicap dans le spectacle vivant, éditions Erès, 224 pages, 23 euros.

Photo DR : Olivier Couder, Richard Leteurtre.

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