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En attendant Les Molières... avec Béatrice Agenin

par Marie-Laure Atinault

L’édition des Molières 2020 n’est pas comme les autres.

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Depuis le 13 mars les théâtres sont fermés. LES TROIS COUPS ne résonnent pas, la sonnerie des théâtres ne tintent pas aux oreilles des retardataires, des quartiers entiers attendent l’ouverture des salles de spectacles.
Pour tous les artistes cette période est difficile. Une Annus Horribilis.

Dans ce conteste inédit doit-on ou non conserver cette grande fête du théâtre ? La soirée doit-elle avoir lieu ? Les contraintes sanitaires ne permettent pas de faire un grand rassemblement, pas d’embrassades, pas de foule joyeuse qui se presse autour du photo call, en somme pas de public.

Nous avons demandé à Béatrice Agenin et à Myriam de Colombi leurs impressions. Certains comédiens que nous avions contactés, nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas souscrire à cette soirée car ils n’avaient pas le cœur à la fête étant donné les difficultés que rencontrent leur structure, leur compagnie, leur spectacle fauchés en plein succès.

Nous comprenons très bien leur sentiment. Mais peut-on refuser de parler du théâtre en prime-time ?

La soirée sera plus une émission de télévision pré-enregistrée que cette fête parfois trop longue, trop imparfaite, trop bavarde mais pleine d’émotions. Attendons ce soir pour juger.

Rencontre avec Béatrice Agenin

Béatrice Agenin est nommée dans la catégorie meilleure comédienne du Théâtre Privé pour Marie des Poules, gouvernante chez George Sand.
Nous avons souhaité parler de ce merveilleux spectacle qui a rassemblé la critique et le public.

WT : Peut-on dire que vous avez commandé la pièce à Gérard Savoisien ?
Béatrice Agenin 
 : Depuis longtemps je voulais faire quelque chose autour de George Sand. Je ne sais pas écrire. J’ai vu Mademoiselle Molière que j’ai adorée. C’était exactement le genre de spectacle que je voulais. J’ai demandé à Gérard Savoisien de m’écrire une pièce autour de George Sand.

WT : Marie des Poules, la petite berrichonne de 11 ans qui entre au service de la bonne dame de Nohant, c’est Marie Caillaud qui a véritablement existée.
Béatrice Agenin
 : Tout à fait. Marie Caillaud a de la descendance. On a le registre de sa naissance, George Sand en parle. Mais longtemps il y a eu comme un secret autour du sort de Marie.

WT : Marie se distingue très vite par sa vivacité, son intelligence. On lui apprend à lire, à écrire et elle va jouer dans les pièces jouées à Nohant. Et Maurice, le fils de George Sand va la séduire.
Béatrice Agenin
 : Tout bascule, lorsque Marie est enceinte. Malgré l’affection que George Sand a pour Marie, c’est une mésalliance. Même si l’écrivain a défrayé les chroniques en vivant à la frontière de ce qui étaient acceptable pour l’époque, elle ne peut pas pour son fils, aller contre la société. Malgré tout ce qu’elle a fait.

WT : Dans le spectacle, ce qui nous fascine dans votre composition c’est la façon dont vous passez de la petite Marie, à l’accent berrichon, à Marie Caillaud « éduquée » puis à George Sand. Je crois que vous venez du Berry ?
Béatrice Agenin
 : Oui, c’est vrai que c’est une longue histoire avec George Sand. Ma famille était tout près de Nohant. Mais vous savez, au début du XXème siècle, dans la région, on disait que George Sand, n’était pas recommandable pour les femmes !

WT : L’accent que vous prenez est spécifique ?
Béatrice Agenin
 : Marie a un accent où les R ne sont pas roulés. Mon père qui venait du Cher, roulait les R. Du côté de ma mère, sa famille se voulait au dessus des paysans, on parlait pointu. Son rêve était de venir à Paris !

WT : Pour ce merveilleux spectacle, il y a des rencontres formidables, celle d’un auteur mais aussi d’un metteur en scène et un comédien, Arnaud Denis.
Béatrice Agenin
 : On s’entend merveilleusement bien avec Arnaud. Il apporte beaucoup au spectacle. Il est nommé également.

WT : Le vendredi 13 mars, le théâtre est resté fermé. Quel sentiment avez-vous eu ?
Béatrice Agenin
 : Cet arrêt brutal des représentations m’a complètement sonnée. Tous les jours, je continue à la jouer dans ma tête. Je suis en roue libre !

WT : Vous reprenez au mois de septembre au Théâtre Montparnasse, on espère que le public sera au rendez vous.
Béatrice Agenin
 : Avant le confinement on jouait devant des salles avec des gens qui toussaient, certain avec des masques. Je crois que le désir de théâtre va être fort, comme l’envie de ressortir. Quand on a la chance de sortir du virus, il faut être responsable. La vie est tellement importante, il faut faire attention, et comprendre que la vie est si précieuse !

WT : Une tournée est-elle prévue ?
Béatrice Agenin
 : Nous devions aller au Festival d’Avignon, qui est annulé. Par contre, nous jouons à Limoux le 1er Août. Nous sommes tous dans les starkings blocks. Ce sera la première fois depuis le confinement que nous jouerons !

WT : Que pensez-vous de cette soirée des Molières ?
Béatrice Agenin
 : J’ai l’impression que pour l’instant nous sommes dans un flou « artistique ». Pas de public, nous sommes enregistrés. J’irai avec mon mari et je mettrai, comme demandé, une tenue chic !
Mais je crois qu’il est important que l’on parle de théâtre et des spectacles. Il faut transmettre notre désir de théâtre, c’est le plus important !

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